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LA FEMME ET LE GENIE...De la sexualité à l’érotique... analyse jungienne....

le Mar 29 Déc 2009 - 18:47
De la sexualité à l’érotique


Jung n’a nullement minimisé l’importance de la sexualité dans le développement psychique et le processus d’individuation ; au contraire, celle-ci non plus opposée mais progressivement reliée au spirituel va engendrer une érotique de l’âme, une dynamique fondamentale aussi bien dans l’expérience intérieure de chacun que dans sa relation affective à l’autre et au monde.Deux exemples cliniques mettent en scène cette approche tournée vers le versant plus particulièrement féminin de la sexualité.
Prière à Eros
« Je t’invoque, origine de tout devenir, qui étends tes ailes sur le monde entier, Toi l’inapprochable, l’infini, qui inspires des pensées de vie à toute âme, qui as relié toutes choses par ton pouvoir. Premier-né créateur de l’univers aux ailes d’or, être sombre, Toi qui voiles les pensées toutes raisonnables et inspire de sombres passions, Toi qui vis secrètement dans toutes les âmes, tu crées le feu invisible touchant tout être animé, le torturant infatigablement de plaisirs et de délices douloureux depuis que l’univers a existé. Tu entraînes la souffrance par ta présence, Toi parfois raisonnable, parfois insensé, Toi pour qui les hommes violent leurs devoirs par des entreprises hardies et qu’ils appellent à l’aide,Toi le sombre. Toi le dernier-né, le sans loi, le sans merci, l’inexorable, l’invisible générateur sans corps des passions, archer, porteur de torches, seigneur de toute perception spirituelle et de toutes les choses cachées, seigneur de l’oubli et père du silence, enfant quand tu nais dans les coeurs, vieillard quand tu es consommé ... » [1].

A 41 ans, dans les Sept Sermons aux Morts de 1916 [2], Jung met en scène et oppose deux grandes forces, pères et mères du déploiement de la conscience hors du Plérôme indéfini dans lequel tous les opposés sont annulés et réunis : la sexualité et la spiritualité. Lumineuse et féminine est la spiritualité, la Mère Céleste qui conçoit et saisit. Masculine et chthonienne est la sexualité, le Phallos qui engendre et crée, nous dit-il, en tout cas pour l’homme car, à cette époque, il voit la sexualité de la femme plus imprégnée de spirituel et sa spiritualité tournée vers les profondeurs chthoniennes et symbolisée par la lune et la nuit. Sexualité et spiritualité sont des démons puissants, deux daïmons entre le divin et l’humain [3] , « plus efficace que les dieux parce qu’il nous sont étroitement apparentés en essence [4] et donc créateurs et destructeurs tous deux. Se laisser posséder par l’un ou par l’autre engendre la maladie physique comme psychique. Les différencier, les symboliser accroît la vitalité de la conscience. A 41 ans, Jung en est encore au tout début de son oeuvre, il conçoit la sexualité masculine comme force opposée quoique complémentaire à la spiritualité.

Tout à l’autre bout de son oeuvre et de sa vie, le 18 juin 1958, à 83 ans, Jung écrit à Carol Jeffrey une lettre bien intéressante à propos de la frigidité féminine : « Je suis arrivé à la conclusion, dit-il, que si l’orgasme est lié dans la plupart des cas à l’attente ou à la crainte de la conception, dans un nombre non négligeable d’entre eux, il est lié à un type particulier de relation qui n’a pratiquement rien à faire avec la conception. On pourrait à cet égard distinguer deux types de femmes, les mères et épouses et les amies et concubines... Il est malheureusement vrai que si vous êtes épouse et mère, vous ne pouvez que difficilement être également hétaïre, tout comme c’est la secrète douleur de l’hétaïre de ne pas être une mère. Il existe des femmes qui ne sont pas faites pour mettre au monde des enfants réels, mais ce sont elles qui font renaître un homme dans le sens spirituel. L’être humain est vraiment structuré de façon paradoxale, pris qu’il se trouve entre deux mouvements principaux, celui des instincts biologiques et animaux de propagation de l’espèce et celui de l’instinct culturel qui tend au développement psychique. C’est la raison pour laquelle, en bien des endroits, la prostitution a été une partie constitutive du service religieux par l’intervention des hiérodules [...]. Sur la base de mon expérience, je peux vous recommander envers le sexe une attitude aussi libre de préjugés que possible. Je m’interdis moi-même de penser en termes de statistique [...] La solution d’une telle question ne peut être qu’individuelle et ne passe jamais par des lois et méthodes générales. Jamais plus qu’en cette délicate matière s’applique le proverbe latin quod licet Jovi non licet bovi (ce qui est permis à Jupiter n’est pas permis aux boeufs). Il reste éternellement vrai ! Ce qui est un remède pour l’un peut être un poison pour l’autre [...] Je ne suis pas l’arbiter mundi, et je laisse le créateur engager lui-même la réflexion sur la diversité et les paradoxes de sa création » [5].

Je reviendrai plus loin sur cette lettre, mais je voulais la citer en introduction pour étayer mon propos qui est double. Tout d’abord, j’aimerais montrer que, quoi qu’en disent certains, Jung n’a nullement dénié ou clivé l’importance de la sexualité dans le développement psychique qu’il nomme processus d’individuation ; au contraire, la sexualité, non plus opposée mais progressivement reliée au spirituel, va engendrer une érotique de l’âme qui me paraît constituer une dynamique fondamentale aussi bien dans l’expérience intérieure de chacun que dans sa relation affective à l’autre et au monde. En second lieu, à partir d’exemples concrets, je voudrais réfléchir plus spécifiquement sur les liens entre sexualité et féminin dans l’analyse. Par exemple, le féminin de l’homme et l’évolution de sa sexualité dans le voyage avec l’analyste femme que je suis. Mais aussi le féminin de la femme qui retrouve goût et confiance dans la vie lorsqu’un animus mortifère finit par se transformer en une figure d’amant pleine de force et de douceur. Enfin, qui dit sexualité, dit créativité : les hommes créateurs chérissent leur muse, désormais dans son voyage intérieur, la femme, parfois, rencontre un daïmon, un génie.

La sexualité pour Jung : un instinct parmi d’autres
Quand je regarde en arrière, je puis dire que je suis le seul qui, selon l’esprit, ait poursuivi l’étude des deux problèmes qui ont le plus intéressé Freud : celui des résidus archaïques et celui de la sexualité [6].

Il n’est pas dans mon propos, ici, d’attaquer une fois de plus cette vieille lune selon laquelle à partir de sa séparation d’avec Freud, Jung aurait du même coup dénié, voire refoulé, le domaine de la sexualité et sa pathologie de sa pratique clinique et de sa théorie. Jung parlera à ce propos de mysterium iniquitatis , du mystère de l’ombre. « Sans l’insistance de Freud sur la part sombre de l’homme et sur le chaos de ses désirs chthoniens, je n’aurais pu trouver l’accès au Mysterium Conjunctionis » [7] écrit-il en 1958 à son traducteur anglais Richard Hull, l’insistance de Freud portant bien sûr en premier lieu sur la sexualité, sa structuration et ses déviations pathologiques. Fort bien, me dira t-on, mais il y a là un paradoxe ; au fil de son oeuvre, Jung, parfois, relativise, banalise même peut être la sexualité qui n’est plus alors l’instinct par excellence, l’élan vital, central, tel que le veut Freud mais une pulsion parmi d’autres, par exemple l’agressivité et la volonté de puissance, bien sûr, mais aussi la propension à se nourrir, à connaître, à se différencier. Parfois, au contraire, justement parce qu’elle est l’instinct correspondant à l’archétype de la Conjonction et à l’image archétypique du hieros gamos, du mariage intérieur, Jung attribue à la sexualité une valeur toute particulière. Tantôt le penseur scientifique prend le dessus et traite du genre humain comme d’une variété intéressante mais non pas unique dans la catégorie des mammifères à sang chaud et souligne « que l’âme ne peut absolument pas se reposer sur l’instinct sexuel, mais sur l’ensemble de tous les instincts, et que cette base, ce n’est qu’un fondement biologique de la maison, et non pas la maison entière » [8]. Tantôt l’emporte l’amant de l’âme qui écrit à une femme en 1954 (il a 79 ans) « votre premier rêve tente de vous rendre consciente que le symbole d’une union sexuelle complète représente l’image chthonienne de l’unité à l’intérieur du Soi. Cette tentative entre aussitôt en collision avec la scission que vous opérez entre le haut et le bas, et vous commencez à vous demander si vous n’auriez pas dû prendre le parti du côté chthonien. Bien sûr, c’est ce que vous devez faire, sans pourtant perdre de vue le côté spirituel. La sexualité et l’esprit - les deux sont une et même chose dans le Soi [...] les deux aspects sont vivants car ils sont une et même chose, même si la conscience de notre Moi les distingue. En fin de compte, le Moi est obligé de céder et de s’abstenir de juger. Il ne lui est pas donné de comprendre, mais il doit au contraire accepter le paradoxe. Le Soi est plus que nous ne sommes en mesure de saisir. Ne tentez pas, en conséquence, de comprendre, sinon vous soumettriez votre animus à la tentation de disséquer l’expérience que vous faites » [9]. « Le langage que je parle doit nécessairement être ambigu, c’est-à-dire à double sens, pour pouvoir rendre justice à la nature du psychisme et au double aspect de celle-ci, écrit Jung dans une lettre de 1952 [10], c’est consciemment et intentionnellement que je recherche une expression à double sens, car elle est supérieure à celle dont le sens est univoque. De par mes propres dispositions, je n’aurais aucun mal à être univoque ; ça n’est pas difficile, mais cela se fait au détriment de la vérité ». Au fond, dans cette polarité sexualité - spiritualité unies dans le Soi, mais perçues par le Moi comme une dualité, on retrouve un aspect de la passionnante discussion que Jung a poursuivi pendant trente ans avec le physicien Wolfgang Pauli sur la relation entre matière et psyché. L’une de ses conclusions sera que matière et psyché sont deux versants extérieurs et intérieurs d’une même réalité inconnaissable en soi, versants de moins en moins divisés et antagonistes à mesure que la conscience intègre son continent noir, à mesure qu’elle s’individue et les expérimente, les perçoit ensemble dans la vie symbolique. Alors le monde du corps et du désir, de la vie magnifiée par l’émotion amoureuse cesse d’être déprécié, dévalorisé, rejeté hors du temple comme l’a tant voulu la culture judéo-chrétienne et l’on voit des hommes et des femmes arrivés en analyse blessés, amers, exsangues, se ranimer littéralement à mesure qu’ils entrent dans cette érotique de l’âme en laquelle le corps et l’esprit, le féminin et le masculin se conjuguent dans une égale dignité, où l’Aphrodite d’or homérique au sourire taquin rejoint la Vierge Mère toute compatissante, rendant ainsi à la femme et au féminin son entièreté.

Mille e tre ou les anima de don Juan
La première fois que j’ai vu Gilles, lors de notre premier entretien, il m’a dit : « vous n’avez vraiment pas une voix d’analyste, j’aimerais vous connaître, voulez-vous dîner avec moi ? ou alors ... il fait si beau, allons nous promener à Bagatelle, on étouffe chez vous » ! Cet étouffement me paraissant de bon augure ... au moins pour le démarrage d’une relation thérapeutique, en souriant, je dis à Gilles, qu’à l’entendre, il me semble qu’il me tient un discours, des propos qu’il a dû bien souvent adresser à d’autres femmes, en songeant à part moi que je n’entends nullement dans son ton enjôleur et assuré ce tremblement imperceptible, les cassures, la maladresse de tout être en proie à l’émotion d’une rencontre. Je lui dis aussi que, peut-être, c’est cela qu’il vient chercher ici, sans le savoir, un espace, fait de proximité et de distance où nous serons seuls, sans jardins distrayants ni ballet de serveurs, sans projet défini non plus, pendant des mois, laissant advenir et prendre forme cette pulsion qui l’a conduit ici, dans ce cabinet d’analyste. En effet, me dit Gilles, l’air passablement soulagé, il faut que je vous dise, je souffre beaucoup, je suis très angoissé. Peut-être avez-vous raison. C’est une chose que je n’ai jamais faite de rester ainsi, assis dans une pièce avec une femme, sans bouger. J’aime beaucoup les femmes, j’ai beaucoup d’amies femmes. Si je ne perçois aucune attirance vraie dans son comportement séducteur, en revanche, après quelques instants, je ressens littéralement comme une chape, étouffante elle aussi, l’angoisse dont il parle, qui émane de lui et l’isole du monde. Comme une chape faite d’une électricité intense, froide et en même temps mêlée d’une curieuse tension érotique impersonnelle. Ce phénomène s’est heureusement arrêté après quelques séances. Par la suite, je me suis dit qu’au-delà de la façade chatoyante de cet homme de quarante cinq ans, c’était l’état de son anima que j’avais senti et qui m’avait infiltrée comme un fluide imprègne une éponge. Une anima dangereuse au venin paralysant, égoïste, froide et passionnelle tout à la fois. Une femme fatale, tel l’Ange bleu du Professeur Unrath, femme fatale qui apparut quelque temps plus tard dans un rêve. C’était une immense, maigre et fascinante jeune femme enveloppée des pieds à la tête dans un long manteau de cuir noir qui, au coin d’une porte cochère, dans la posture classique des prostituées, le fixait avec avidité de ses grands yeux pâles.

Gilles savait parler aux femmes, pensait-il ; de toute façon, il savait parler, car c’était là son métier : il enseignait l’histoire de l’art dans une faculté parisienne, était féru de philosophie et de littérature et aurait fort bien passé ses séances à en disserter avec moi comme si nous nous trouvions à l’une de ces terrasses de St Germain des Prés qu’il affectionnait. De fait, il était passionnant dès qu’il évoquait le moindre sujet culturel, son éloquence était un véritable habit de lumière ... mais aussi une armure verrouillée dans laquelle son être véritable étouffait lentement. Je comprenais en même temps comment il pouvait entraîner, tel le joueur de flûte du conte, tant de jeunes femmes charmées dans son sillage et pourquoi je devais me tenir fermement à ce point central, qu’il était venu me voir parce qu’il souffrait et que, séance après séance, sa vérité se fondait là, dans ces noyaux brûlants qu’on ne peut évoquer sans perdre le souffle, se trouver soudain muet, désolé et nu. Gilles-l’esthète savait à la perfection jouer à l’humaniste heureux, mais peu à peu, nous découvrions à quel point son intelligence cristalline, sa passion pour le beau, sa tension vers un spirituel scintillant se doublaient d’une épaisse trame de goûts beaucoup moins artistiques, qu’il feignait de prendre pour les caprices passagers d’un intellectuel gourmand de tout, mais qui se révélaient des liens bien contraignants.

Il était attiré, m’apprit-il par les prostitués transsexuels du bois de Boulogne, ces êtres bizarres mi-homme, mi-femme, qui l’appelaient entre les arbres, qui semblaient émaner des arbres, leur nudité à peine voilée de quelque fausse fourrure fluo, brièvement balayée par le pinceau des phares. Souvent il ne faisait que longer doucement en voiture dans la pénombre cette caricature d’une fête dyonisiaque, parfois il s’arrêtait. Il cédait. Il s’en voulait ensuite beaucoup car la peur du Sida dans les années quatre vingt quatre - quatre vingt cinq commençait à se répandre quand même chez les libertins de la nuit.

Il avait aussi une étrange maîtresse, une femme âgée, fortunée, suédoise qui, plusieurs fois par an, le priait impérativement de venir passer le week-end avec elle, lui envoyait son billet d’avion et le remerciait ensuite d’un chèque consistant. Il l’appelait le dragon. « Le dragon m’a encore téléphoné » me disait-il, l’air mi-faraud, mi contrit, dans les premiers mois de l’analyse. Je songeais que ce « dragon » dont les exigences le révulsaient et l’excitaient tout à la fois, était une figure étonnante par la précision de ses contours, d’ombre de la Mère, d’ombre de la déesse et de ce culte qu’il prétendait vouer au féminin.

suite ici

http://www.cgjungfrance.com/article153.html

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Re: LA FEMME ET LE GENIE...De la sexualité à l’érotique... analyse jungienne....

le Jeu 12 Jan 2012 - 14:58

De la femme sacrifiée
à la femme sacrée




Quel rôle d'initiatrice de la femme?
Comme une douce caverne, est la matrice de chaque femme, ou patiemment attend, lové comme un serpent, une belle Déesse. Cette Déesse est sans âge, parfois vieille sage ou mère de compassion, parfois jeune flamme ou brasier ardent, elle est la gardienne des valeurs sacrées du féminin. Elle seule sait faire rimer Amour avec toujours, car celui qu'elle incarne est libre. Il vole avec les ailes du partage, se nourri de respect et de lumière et se pose sur les branches de la créativité. Elle peut être douce et compatissante, ferme et intransigeante, sans jamais être mièvre. Sa puissance est infinie car la mort et la vie sont pour elle deux amies.

Au-delà de toute dualité, les mots bien et mal n'ont pour elle aucun sens, ni même la culpabilité. Seul le grandir en AMOUR compte, et toute expérience vécue dans sa totalité, peut une fois intégré, en être l'opportunité. Elle connaît de la souffrance toutes les racines, et sait que l'une des plus tenaces est liée aux situations inachevées, car elle nous laisse sous l'emprise d'un mental affamé. Sans cesse il nous tourmente avec cette leçon incomprise, et comme une araignée, il tisse au fil de ses doutes, des bandelettes pour nous momifier dans l'attente de finaliser cette expérience inachevée. Desséchés, nous sommes condamnés pour l'éternité, à finaliser l'expérience, car seul le fruit de son enseignement sera nous libérer. Le mental enfin rassasié, relâche son emprise et nous laisse la liberté de savourer notre nouvelle capacité à s'aimer et à aimer.

La Déesse connaît notre histoire depuis la nuit des temps, elle nous suit dans notre cheminement, et respectueuse de notre liberté, n'intervient que si nous le lui avons demandé. Mieux que quiconque, elle sait que nous choisissons toutes nos expériences de vie, pour intégrer les enseignements restés en suspens. Elle sait aussi que les expériences que nous attirons, ne sont pas en rapport avec ce que nous méritons, ni même ne sont les seules susceptible, de nous enseigner la leçon. Mais elles sont plutôt le reflet de ce que nous croyons mériter, des punitions que nous pensons devoir nous infliger, comme seules capables de nous enseigner. Patiemment elle attend, que lassé de cheminer sous les coups de fouets de la souffrance, sur les routes sinueuses de la peur, nous prenions le temps de nous asseoir, et de nous aimer assez, pour enfin s'autoriser à l'écouter. Alors, par elle, nous serons guidés sur la voix de l'acceptation, de la non résistance, parsemée de fleurs ou les leçons sont apprise dans la joie et la pleine conscience, l'effort et la grâce.

Au plus profond de notre caverne sommeille notre Déesse, mais des éboulis de pierres nous cachent l'accès de ce lieu, oh combien sacré ! Son souffle, vient régulièrement nous caresser, et dans nos songes, son appel à être réveillée, attise notre créativité. Mais, encore trop souvent victimes de nos contes de fée, nous attendons en vain le prince charmant, qui de la grotte, viendra déblayer l'entrée, pour venir l'éveiller d'un doux baiser. Or, le seul prince charmant, assez brave pour entreprendre ce voyage, ou les secrets de l'Amour lui seront révélés, est celui qui, par la Déesse initiée, aura été sacré chevalier. Celui dont le cœur n'a pas encore été fécondé, reste sur les terres infertiles de l'Amour non initié, et aussi charmant soit il, perpétuel conquérant, il court indéfiniment, accumulant toutes sortes de territoires, sans parfois même prendre le temps, de s'y reposer, de les respecter, de les savourer et de les honorer. Dans cette quête sans fin, sous la soumission à ses acquisitions, pris au piège de l'inachevé comme un esclave, il sera momifié. Si le secret qu'elle porte, n'a pas été par l'Amour révélé, une conquête, aussi prestigieuse soit elle, ne peut être source de satisfaction, de sérénité et de liberté. Ce genre de prince est juste capable de faire exploser l'entrée de la caverne, d'offrir à la Déesse endormie une danse endiabler, pour très vite, sur sa couche la reposer, sans avoir même pris le temps de vraiment l'embrasser, et encore moins celui de l'écouter. Il repartira au galop, sans voir que dans sa précipitation, il a déclenché un écroulement, obstruant plus encore l'accès à la grotte sacré.

C'est au fil des siècles, que c'est peu à peu refermé, sous les murs des mensonges sans cesse renouvelés, le secret par la femme révélé, de la puissance d'Amour. Il s'est vu être tristement remplacé, par l'amour de la puissance de la peur "en saigné". Est-ce au temps des cavernes, que pour mieux être protégée par l'homme, et protéger son bébé, la femme a voilé sa puissance, et affiché sa vulnérabilité ? Est ce la crainte de cette puissance, manifesté par la maternité, ou encore la capacité a vivre comme des vagues, plusieurs orgasmes d'affilées, ou tout simplement, cette infinie capacité à aimer, qui à poussé l'homme a abuser de ce pouvoir, qui lui avait été donné ? Cette crainte, ne la t'elle pas aveuglé sous le glaive rougit de l'orgueil, pour ignorer un sentiment d'infériorité, face à un mystère de toute beauté ? Et pris au piège de la peur, n'a-t-il pas choisit de soumettre, et de nier le féminin sacré ? La peur et sa soeur l'ignorance, voilà les seules responsables, de tant de siècles de violences, et de souffrance.

Encore à notre époque, même au cœur des pays, dit les plus civilisés, persiste l'esclavage du féminin sacré. Quoique maintenue dans des formes parfois plus subtiles, il reste néanmoins toujours aussi aliénant. Sur la scène politique, les rares femmes présentes, sont celle qui ont mis de côté les valeurs du féminin, pour devenir aussi fourbes et féroces, que ceux qui maintiennent leur pouvoir sous la coupe de la peur. Il en est de même dans le monde des affaires. Le contrôle, fils de la peur, est la valeur suprême qui règne à tous les niveaux dans nos sociétés. L'extase, la joie, ou l'envie de vivre, enfants de liberté, s'en trouvent bien mal menés. La liste est longue des discriminations, et des oppressions subie par la femme, et elle touche tout les secteurs d'activités. Aucune religion ne lui a donné les mêmes droits d'expression qu'aux hommes .Sa place dans l'histoire de l'humanité, a toujours été, reniée ou dévalorisée. Les violences, et les humiliations subie, sont, et la soumission ou elle est maintenu, depuis des siècles, est presque considérée comme normal, et pas seulement par les hommes. Nos Féministes, avec les plus belle intentions de liberté et d'égalité, se sont battues pour que nous ayons les même droits que les hommes, sans même se rendre compte, qu'elle donnait ainsi encore plus de valeurs, aux activités masculines, et ne favorisait pas la reconnaissance des valeurs féminine. N'aurait il pas été plus judicieux, de se battre pour que le statut de mère au foyer, soit reconnu, et rémunéré, comme tout autre activité, et ceci n'est qu'un exemple, parmi tant d'autres, qui montre que la femme elle-même, en toute inconscience, maintient cet esclavage, en dévalorisant les valeurs sacrées de sa féminité.

Si nous prenons le temps d'examiner, avec lucidité, le miroir que nous offre le lac des jugements portés sur les valeurs associées au féminin sacré, nous verrons sans l'ombre d'un doute, qu'il n'est en fait qu'un marécage de mensonges créé pour nous dévaloriser. N'est il pas insensé de nous nommer le sexe faible, alors qu'une femme peu surfer sur les vagues d'orgasmes consécutifs, qui non cesse de la vivifier, pendant que l'homme non initié, après la première vague, doit sur le sable se récupérer! N'est il pas inconcevable que toutes qualités, comme la gentillesse, la générosité, le partage ou l'humilité, en lien avec notre capacité à aimer, soit considérées comme un signe de faiblesse, de vulnérabilité! C'est pourtant sur la voix de l'acceptation de cette vulnérabilité, et à la source même de notre capacité à aimer, que nous connectons la plus puissante des forces! C'est dans notre ventre, que la bombe a été placée, et c'est là qu'il nous faut retourner, pour la désamorcer. Seule notre Déesse peut briser les chaînes d'esclaves transmises par nos mères, et maintenues par nos pères, et par la même, nous révéler initiatrices.

Libérée, notre matrice nous offre aussi l'opportunité de donner à nos enfants, une première terre fertile, couvertes de fleurs d'amour et de paix. Ainsi nourris les neufs premiers mois de leur vie, ils vont naître avec un trésor, portant l'espoir d'un monde nouveau. Une femme qui aime avec respect son ventre et son sexe, comme une terre sainte, à fait germer chez ses enfants, la capacité à aimer et à respecter la terre, à la sacralisé, et à la préserver Ce voyage vers l'intérieur, qui à chaque pas nous dénude d'une peur, est une vrai révolution, contre nos fausses convictions. C'est par nos larmes de compassion, que nous éroderons, chacune des pierres, et comme les rochers léchés par la mer, elles prendront la forme de statuts, symboles de nos enseignements vécus. Dévêtu de nos peurs, l'Amour nous offrira sa puissance, pour déplacer, et aligner, chacune de ses sculptures, créant ainsi, comme dans un temple, un défilé, nous invitant à aller au cœur de la grotte, ou attend notre Déesse depuis bien longtemps.

Notre masculin intérieur par ces efforts révélé, comme un chevalier dévoué, au service de sa bien aimée, prendra sa juste place. Ensemble, main dans la main, réconciliés, vous pourrez aller réveiller la Déesse, tout en délicatesse, avec un doux baiser. Alors, elle vous révèlera peu à peu, à tous vos dons de femme initiatrice. Vous deviendrez à la fois la porte et la clef, le miroir magique ou chacune et chacun, pourra trouver la faille qui lui donne l'accès, au plus profond de ces secrets... Vous serez celle qui accueille et accompagne sans jamais diriger, celle qui révèle et incite à persévérer, sans jamais nommer, car par la Déesse nourrie, et enseignée, de l'attente et du besoin de reconnaissance vous serez délivré, et du jugement préservé .Vous incarnerez celle qui, au service de l'amour, nous transporte d'Eros à Agapé Les rencontres ne seront plus appelées, par un vide à combler, mais par une plénitude à partager. Vous sonnerez l'appel, au souvenir constant, qu'entre ciel et terre, cascade lumineuse et geyser d'amour se mêlent et s'emmêlent pour nous offrir un nectar sans cesse renouvelé, qu'à chaque instant, nous pouvons savourer, quant à la présence, on apprend totalement à s'abandonner. A célébrer joyeusement la vie, par votre être nous serons conviées...

Vous pourrez alors inviter l'homme à venir traverser le temple, dans lequel chacune des statuts lui comptera l'histoire du féminin et du masculin, de leurs combats stériles, à leur réconciliation possible. Par chacune de ses statuts, il sera convié au voyage intérieur, au-delà du marais des mensonges destructeurs, dans un palais de glace vers les hautes cimes, ou leur énergie féminine, attend d'être délivré de leurs peurs. Sur le chemin, par son âme accompagné, il verra germer, et fleurir jusque dans son cœur, les graines du véritable amour de soi. Allongé sur la terre de la caverne, aux pieds des statues, en respirant et en caressant l'humus, il recevra l'enseignement de l'humilité. Alors, la Déesse lui offrira le feu du pardon pour forger son épée de lumière. C'est armé de son courage, de sa patience et de sa persévérance qu'il entreprendra son voyage. Il devra affronter, et pourfendre ses ombres aux yeux injectés de colère, couvert de manteaux d'orgueil, chaussées de doute, et aux cœurs chargés de peur, brandissant des épées de culpabilité Comme une onde sans cesse renouvelée, la Déesse l'aura encouragé, guidé, soutenu de son infinie tendresse. Dénudé de son orgueil et libéré de sa peur, l'homme aura appris à s'aimer, au cœur même de son imperfection, et à aimer, sans attendre la perfection. Au service de son énergie féminine, par sa vaillance libéré, sa puissance, il offrira, et chacune de ses actions, par son féminin ainsi inspiré, reflètera de l'amour l'éclat immaculé. Il pourra enfin goûter aux saveurs d'éternité, ou tout n'est qu'unité, dans ses unions de cœur à corps, avec la Déesse incarnée. De l'extase, il sera se délecter, la joie et la vie, il sera célébrer, car dans les bras de la Déesse il aura appris à s'abandonner. Sans regret, il pourra quitter le contrôle, qui vient de la peur, pour entrer dans la maîtrise, née de la confiance. La femme, par la Déesse initié, peut inviter autant ses sœurs que ses frères à faire le voyage, et les guider pour qu'ils trouvent en leur cœur, la clef qui les rendra libres d'aimer. Tout son être est invitation à ce voyage initiatique Ceux qui ne sont pas prêts à prendre leur billet, l'évitent soigneusement, et la craignent terriblement. Son principal enseignement est que l'amour, source sacré de vie, est avant tout notre véritable nature, et que la vie n'a pas pour but, de le chercher à l'extérieur de nous pour en être nourri, mais plutôt de le retrouver en nous, afin de l'incarner et de le manifester, pour le voir et le révéler, dans toute forme de vie. Lucide que jamais, l'homme ne viendra la délivré, du cachot ou il la jeté, pour se rendre aveugle, à la peur qui la rendu aliéné, la femme initiatrice peut être l'instigatrice, d'une révolution, d'un renversement, qui sera le fruit de plus de vie que de morts. La femme, consciente de la puissance de ses valeurs, pourra définitivement sortir de l'esclavage et prendre sa place. Par la Déesse enseigné, elle aura intégré, que le pardon, est bien plus puissant que toute forme de vengeance. Elle ne cherchera donc pas à son tour, à dominer les hommes. Subtilement, elle sera les aider à quitter leur condition d'esclavage, aux besoins insatiables de l'égo. Alors, leurs qualités, retrouverons toute leurs beautés, car librement, elles seront mise au service, de l'énergie féminine, et nous pourrons voir naître l'espoir, d'un nouveau monde libre, bâtit sur les valeurs de l'amour.



Elisabeth Lhotellier


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Re: LA FEMME ET LE GENIE...De la sexualité à l’érotique... analyse jungienne....

le Jeu 12 Jan 2012 - 18:27
Superbe texte , merci et belle année à toi

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Re: LA FEMME ET LE GENIE...De la sexualité à l’érotique... analyse jungienne....

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